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Je me souviens de la campagne "Suivez le bœuf"
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En 1961 François Missoffe, remplaçant au Commerce intérieur Joseph Fontanet, lance la campagne "Suivez le bœuf" censée  faire baisser les prix de la viande de boucherie et pousser les français à en  consommer davantage. Aude Vassalo dans son livre "La télévision sous de Gaulle" rappelle que cette campagne donna lieu a pas moins de treize spots "non dépourvus, selon le Canard Enchainé d'une certaine niaiserie sont réalisés : ce sont des sketches semblant s'adresser à des gens intellectuellement sous développés".  A l'appui de ce jugement elle cite quelques répliques de ces spots : "ce n'est pas un secret d'État, dit le bœuf, c'est une campagne nationale en faveur du bon sens, de la qualité et de l'économie. Suivre le bœuf, c'est aller chez un boucher qui fait la chaîne et limite ses prix pour baisser le bœuf. Suives le bœuf" ou encore "Vous me donnez le vertige, dit le bœuf, vous m'avez fait monter trop haut. Suivez le bœuf". Campagne qui se révéla inefficace met fournit des armes aux rieurs, dont un certain Jean Poiret qui écrivit "La Vache à mille francs" : De la vache à cent francs / On en mangeait autant / Autant qu'on en voulait / Et plus qu'il ne fallait... De la vache à mille francs / Il vaut mieux carrément / Se gaver d'ortolans / Et s'offrir des homards / Tartinés de caviar...

De l'échec de cette campagne il semble que François Missoffe
ait gardé  une dent contre le milieu de la boucherie, par la suite il parlait de “ces Messieurs de la boucherie”, le marché de La Villette, c’était “le folklore”, “l’abcès à crever”, un endroit où il n’y avait “aucun contrôle”, “pas de bascule”, “pas de trace de paiement”.

Plus sérieusement son conflit avec les représentants de la profession de la boucherie en gros portait sur la construction d'un grand abattoir industriel à la Villette,
Missoffe estimait lui  que les abattoirs devaient être situés dans les zones de production, que la participation des producteurs à la réorganisation du marché devait être assurée et qu'il était indispensable de diminuer l'emprise des professionnels sur le marché de la viande. Il disait a propos de la Villette  “On veut y faire un hôtel à vaches sur cinq étages, qui sera d’ailleurs unique en Europe. Personne n’en fait plus car on en est à la doctrine de la stabulation des vaches à un niveau unique. Mais là, on construit cinq étages pour les vaches ; il ne manque plus que la télévision, pour que ce bâtiment ne finisse par coûter au mètre carré le même prix qu’un H.L.M. Cela, me dit-on, n’est pas choquant. Personnellement, je trouve cela écœurant et c’est pourquoi j’ai signalé ce fait […] ” Il ne fut pas écouté et L'abattoir de La Villette fut construit a un cout du mètre carré  effectivement (au moins) égal à celui d'un H.L.M.

M.L.
 
 
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Commentaires
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Duran  - garap   |2008-11-03 06:33:26
53/54 ? je me souviens d'une énorme campagne de publicité G.A.R.A.P qui a intrigué tout le pays pendant des semaines. pour du vin je crois...
Roland  - La vache à mille francs   |2009-06-01 08:24:25
et qui se souvient (et a les paroles) de la chanson qu'un chansonnier (qui était-ce?) avait fait sur la musique de "La valse à mille temps" de Jacques Brel, devenue "La vache à mille francs" ? C'était super
à la fin quand la vache, à force d'intermédiaires devenait très chère il y avait
"...
çe deviendrait un place'ment
Dans mon grand coffre-fort
j'entass'rais les rumsteks
et les coupons d'bifsteaks"
Gerard  - François Misoffe:père de quelqu'un   |2010-03-07 07:58:57
Bon sang, comme aurait dit Bourrel, commissaire télévisuel de cette époque, mais de qui était-il le père? C'est de Francoise de Panafieu, rétamée aux municipales parisiennes un certain nombre de fois... Quand au destin de Joseph FONTANET, il y a une ressemblance avec celui de Robert BOULAIN au niveau de la fin. A méditer
DOM  - Edgard Pisani et Léon Zitrone ensemble !!   |2012-01-08 23:30:59
Je me souviens que ma maman était vendeuse dans un magasin d'alimentation de Champigny sur marne et que le journal télévisé est venu la filmer pendant que Léon Zitrone posait des questions à Edgard Pisani et que l'on m'a fait faire de la figuration en me donnant à croquer dans une tablette de chocolat. J'étais petite fille et ce qui me traumatisa ne fut pas de voir ma binette "dans le poste", chez la voisine car nous n'en avions pas, mais que la patronne de ma mère avait récupéré la tablette !!! Et voilà à l'époque on n'avait pas comme ambition d'être filmé à tout prix ...
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