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Evita Peron
Elles et eux dans les années 50
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Juan et Eva Peron

Pour approfondir le sujet
>> Eva Peron Biographie de A. Dujone Ortiz (lien Alapage)
>> Eva Peron Texte de la pièce de Copi (lien Alapage)
>> Evita Film d'Alan Parker (lien Alapage)

 
 
Personnage haï ou adulé, Eva Peron demeure une figure emblématique de l’Argentine. Madonne vénérée par les uns, mystificatrice honnie par les autres, Eva Peron (1919-1952) a nourri fantasmes et polémiques.

Si pour beaucoup d'argentins elle est entrée dans l'eternité, elle demeure aussi le porte drapeau d'un régime dictatorial. Evita a conduit son peuple de "sans chemise" au comble de l'idolatrie, forgeant son mythe dans un pays en quête d'identité.

Maria Eva Duarte est une des cinq filles qu'une cuisinière, a eu d'un riche éleveur, Juan Duarte. À 15 ans, elle part pour Buenos Aires. Elle y devient actrice dans des mélodrames de série B et de radio dans des feuilletons sur radio El Mundo. Elle apparaît régulièrement dans un programme dramatico-historique, Les Grandes femmes de l'Histoire. Avec des succès de courte durée au théâtre et au cinéma, sa carrière est étroitement liée à son réseau social, qu'elle développe activement dans les cafés et bars fréquentés par les cercles influents de Buenos Aires. Ambitieuse et désireuse d’exprimer ses visons sociales, elle dvient la maitresse d'un Colonel argentin devenu influent, membre du parti des Travailleurs, Juan Domingo Péron.
 

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Eva Duarte en couverture de Cine Argentino 1941 - Dans le film La cabalgata del circo 1944

 
Mariage d'Eva Duarte et Juan Peron
Peron-Eva_mariage.jpgLe colonel Juan Domingo Perón a séjourné longtemps à l'étranger, notamment dans l'Italie de Mussolini . De retour dans son pays, il participe au coup d'État militaire du 4 juin 1943. Il choisit au gouvernement le ministère du Travail qui va lui permettre de cultiver sa popularité. Il cumule un peu plus tard le ministère de la Guerre et la vice-présidence de la République. Le pays s'est considérablement enrichi pendant la Seconde Guerre mondiale en alimentant les belligérants avec ses énormes ressources en céréales et en viande. L'État, grâce à des recettes fiscales importantes, a les moyens de mener une politique sociale audacieuse et Perón ne va pas s'en priver... Son ambition suscitant l'inquiétude une faction des Forces Armées appuyées de façon tacite par les grands propriétaires terriens le déposent le 9 octobre 1945 et le font incarcérer sur l'île de Martin Garcia en face de Buenos Aires. Il n'y restera que huit jours... Sa maîtresse, dans ses émission radiophoniques, prend activement sa défense. Sur la célèbre Place de Mai, devant le palais présidentiel, la Casa Rosa, deux millions d'Argentins se rasemblent et sous leur pression Perón est libéré. Cette date est connue jdans la mythologie péroniste comme "le jour de la loyauté".

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Clic pour démarrer la video -Discours d'Eva Peron 1947
Peron et Eva Duarte se marient le 22 octobre 1945. "L'union avec Perón, c'est le début de la revanche pour cette femme née sous le signe de trois humiliations : c'est un enfant naturel, c'est une femme, elle est pauvre", note l'historien Noberto Galasso. Perón est élu présidence de la République par les parlementaires le 26 février 1946. Après l'élection de son mari, Evita prit immédiatement un rôle considérable dans son entourage. Eva, Evita, Peron, par ses discours enflammés à la radio, sa fondation, son contrôle de la CGT argentine (à la tête de laquelle elle nommera son portier), son mépris des intellectuels (l’écrivain José Luis Borgès, muté de son poste de directeur de la Bibliothèque de Buenos Aires à l’Inspection de la volaille...) sera le versant plébéio-sulpicien d’un admirateur de Mussolini et Franco. Aux côtés du Perón théoricien politique, Evita est le trait d'union avec les travailleurs et les opprimés. Elle crée des abris pour les mères célibataires, des orphelinats pour les bébés abandonnés, distribue des vélos aux enfants des quartiers pauvres, des machines à coudre pour leurs grandes soeurs, des berceaux pour les couples. A Noël, tous reçoivent désormais une brioche et une bouteille de cidre, avec une étiquette, "De la part d'Evita". "Là où il y a une nécessité, il y a un droit", répète-t-elle.Elle obtient même pour les femmes le droit de vote, à la veille de l'élection présidentielle de 1952.
 

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Eva Peron dans les revues argentines
 
«C’est l’horizon illimité de la Pampa qu’il faut mettre en cause, soutient le philosophe espagnol José Ortega y Gasset. Cet horizon incite les Argentins à se détourner du concret pour s’enivrer de promesses… »

La provinciale s'est muée en princesse. Mais son vocabulaire n'a pas changé. Antonio Cafiero raconte encore aujourd'hui comment jeune ministre dans le gouvernement du général il a été apostrophé par une Evita furieuse : "Cafiero, vous avez de la merde dans la tête !". Les «descamisados», (sans-chemise), «cabecitas negras» (petites têtes noires), «grasas» (vulgaires) proférés par la classe dominante se convertissent en compliments dans les discours d'Evita. Le peuple exulte. A mesure que sa maladie avance, s'accroît sa haine de l'Église, de l'armée et des grandes familles, les piliers de cette Argentine qui se classe alors parmi les dix nations les plus riches du monde. Elle achète des fusils qu'elle offre au syndicat de la CGT pour que les ouvriers défendent le général en cas de coup d'État

L'Argentine était riche à cette époque, elle faisait partie de 5 pays les plus riches du monde. D´après les sources bancaires suisses l´ex obscur militaire Perón faisait aussi partie à cette époque des 5 plus grosses fortunes du monde."Les promesses sont la tentation de tous les régimes politiques. C’est pourquoi aucun ne tient en Argentine. La démagogie les emporte, une démagogie qui, dans le cas de Perón et de sa femme, Evita, devait atteindre les proportions de la Pampa. Et pendant ce temps, chacun est si loin de son rêve, que tout ce qui l’en rapproche lui semble permis. D’où une corruption qui tient lieu de raison d’être et de sens de la réalité" écrit Sergio Ferrari.
 

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1 & 2) Juan et Eva Peron dans les manuels scolaires - 3) Affiche depropagande

 
Eva Perón a été emportée par un cancer de l'utérus à l'âge de 33 ans. Sa mort fut très largement exploitée par le pouvoir totalitaire auquel elle était liée. Du 26 juillet 1952, date à laquelle elle meurt où l'on voit les argentins demander sa canonisation, jusqu'au renversement de Juan Peron par les militaires le 16 septembre 1955, les informations radiophoniques s'interrompaient par exemple tous les soirs pour permettre au présentateur de rappeler gravement au peuple : Il est vingt heures et vingt cinq minutes, l'heure où Eva Peron est entrée dans l'immortalité. Après le renversement de Juan Peron son corps a été transporté à Milan, Italie, puis enterré sous la fausse identité de Maria Maggi de Magestris. Seize ans plus tard, en 1971, son cadavre a été exhumé et envoyé en Espagne. Son mari, retournant en Argentine comme président après son exil, y meurt en 1974. Le corps d'Evita est alors rapatrié en Argentine, brièvement exposé au public. Elle a été une nouvelle fois enterrée dans la tombe familiale du cimetière de la Recoleta de Buenos Aires.
 
Eva et Juan Peron 1944 Clic pour zoomer
 
Eva Peron au milieu des mineurs
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Eva Peron decorée par Franco 1947
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Eva Peron 1952 Clic pour zoomer
 

Eva Peron vue par Copi

 

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Raùl Damonte Botana, dit Copi

 

Raùl Damonte Botana, dit Copi, n'avait que 6 ans lorsque la dictature péroniste vilipende le journal radical de son père et oblige sa famille à fuir vers Paris. Copi écrit sa pièce en 1969, pendant l'exil. Longtemps interdite en Argentine, elle est créée en France par le TSE d'Alfredo Arias en 1970.

La pièce de Copi reprend des éléments historiques autour de la mort d’Eva Peron et des péripéties autour de l’odyssée de son cadavre. Pendant que le colonel Peron a la migraine, Eva Peron, elle, a un cancer. Et en souffre. Pas en silence. Eva Peron se meurt, et il faut que tout le monde le sache. Elle va, vient, se fait faire les ongles, se souvient du passé. Elle trépigne, jure, insulte tous ceux qui croisent sa route. D'abord son infirmière,puis Ibiza, majordome du palais, qui tire les ficelles du pouvoir, ou ce qu'il en reste. Des généraux en bottes de strass laissent tomber du poison dans les coupes de champagne. Sa mère, rentrée en catastrophe de la Côte d’Azur, lui vole le numéro de son coffre-fort en Suisse. La foule attend son cadavre pour le canoniser. Eva, déguisée en Mickey mouse, s’enfuit par les égouts. Son cancer est-il réel ? S’agit-il d’un coup d’Etat ? Contre qui ? Jouée par un travesti, Eva Peron està mi-chemin entre le comédie musicale et la tragédie.

A travers la mort de l'égérie d'un dictateur, Copi interroge le travestissement du réel, l'identité sexuelle, l'oppression universelle du pouvoir et la solitude existentielle plus queles grotesques et violentes dérives du mouvement péroniste argentin.

 


 

Evita vue par Alan Parker

 

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Pour cette version cinématographique de la célèbre comédie musicale de Andrew LLoyd Weber et Tim Rice (1978) le réalisateur Alan Parker a fait un travail séduisant, créant une fresque musicale plus proche d'un opéra filmé que d'un clip. Madonna donne tout à son rôle et s'en tire superbement, elle conquiert le personnage d'Evita. Le film brosse le portrait du formidable désir de revanche et d’ascension sociale d’une femme. née bâtarde, elle va créer les conditions pour rencontrer celui qui sera le dictateur populiste idéal d’un pays qui entend effacer sa bienveillante "neutralité" à l’égard de l’Axe défait.